Lecture

"La laisse" de Françoise Sagan, un vrai bonbon littéraire. "Elles ne se rendent pas compte" de Boris Vian. Spécial... comme du Boris Vian, à ce qu'on m'a dit !  Je dévore entre 1 et 2 livres par semaine, merci la bibliothèque de l'Alliance Française !

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Lundi 8 janvier 2007 1 08 /01 /Jan /2007 10:05
Aujourd'hui il pleut. De la même manière qu'hier, et que chaque jour depuis la fin du mois de Décembre. Contrairement aux premières pluis d'orage, c'est une pluie fine et grise comme on en trouve en Bretagne et qui accompagne ici le passage d'un cyclone sur les terres. La tempête s'essoufle à la rencontre de l'île, si bien qu'en arrivant chez nous elle est inoffensive. Il pleut simplement tout le jour durant, avec de brèves interruptions durant lesquelles on peut apercevoir un rayon de soleil. C'est un temps qui pose sur la vie d'ici comme un souffle d'ailleurs et donne aux choses un air de plénitude. Les vendeuses au marché s'organisent pour préserver leurs fruits posés à même le sol; les gens qui marchent pieds nus renoncent à éviter les flaques de boue; les gens qui dorment sur le trottoir sortent les bâches pour dormir dessous. Mais tout cela se fait dans la sérénité, car ce sont les conséquences d'un bienfait contre lequel personne ne proteste, même ceux qui ne cultivent pas la terre. Dans mon jardin qui avait déjà verdi de manière extraordinaire depuis le début de la saison en Novembre, ces pluies ont comme donné le signal discret d'un départ spectaculaire : mon jasmin, qui vivottait depuis Octobre, part maintenant à l'assaut de ses tuteurs ; les plantes grimpantes s'élancent en torsades régulières sur les bambous de la clôture; le pied de grenadelle a fait s'effondrer son support; chaque interstice entre les briques du dallage des allées est investi de mille pousses contre lesquelles toute lutte est inutile : même les herbes que j'arrache, abandonnées racines à l'air dans l'allée de terre compactée, parviennent à s'enraciner de nouveau et à reprendre de la vigueur en quelques jours. Passé un sentiment de dépassement qui envahirait tout jardinier d'éducation française à la vue d'un jardin de taille si modeste se laissant coloniser, on se fait à cette état de choses et on finit même par l'apprécier, au point que lorsque le propriétaire m'a proposé de s'occuper du désherbage hier, j'ai refusé avec véhémence. Si elles ne sont pas toutes florifères, les "mauvaises" herbes sont quand on y regarde de près dotées d'un charme discret : découpage élaboré des lobes, nuances subtiles des nervures, inflorescences discrètes mais délicates, port frêle mais fier... Une petite plante insignifiante se révèle souvent surprenante lorsqu'on décide de la laisser se développer. Le joyeux fouillis déborde maintenant des parterres vainement délimités par les briques pour coloniser les allées et la cour, dans une volonté déterminée de ne plus y laisser la moindre parcelle dépourvue de chlorophylle. Après moult concessions je suis parvenue à tenir quelques places fortes : 4 pieds de fraisiers - dont je n'ai pas réussi à préserver encore un seul fruit de l'appétit vorace des poules du voisin - une fougère étrange ramenée du Parc de Ranomafana, un plan de café et un palmier. Chaque promenade dans mes 1000 m2 est sujet à de surprenantes découvertes animales et végétales : insecte aux couleurs et attitudes étranges, oiseaux rouge fluo, caméléon endormi, rose s'épanouissant en cachette, letchi mûr, pêche charnue.
Par Amélie - Publié dans : Pays
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Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /Sep /2006 15:50

Je suis à Fianar depuis 1 semaine qui est passée comme l’éclair. Hébergement provisoire chez les sœurs Marie-Réparatrice, par relation avec Jacques Tronchon, président fondateur de l’ASA (association d’accueil des sans abris) où j’ai été hébergée à Tana. La chambre est spartiate, mais les jardins agréables, j’y fais la sieste ou nous y travaillons de temps en temps avec Marion, ma collègue de travail. Je ne suis pas nourrie, et le matelas est plutôt mince. Autre inconvénient majeur : je dois être rentrée à 8h le soir ! Enfin ça ne dure qu’un temps : j’ai rencontré à l’alliance une dame qui est là depuis quelques années et a monté sa boite de distillation d’huiles essentielles ; elle part 1 mois en France demain et me laisse sa petite maison. Je vais enfin pouvoir me faire ma cuisine : jusqu’ici c’était resto une fois par jour, et hormis les salades on n’y trouve pas beaucoup de verdure (contrairement à l’ASA où je mangeais à Tana), et sinon grignotage dans les boui-boui qui jalonnent les rues. C’est bon, et pas cher du tout : pains de riz, beignets de légumes, poivrons farcis, yaourts, oranges et bananes délicieuses.

La ville est assez pauvre, mais sympathique de par son marché plutôt dynamique et varié, et par les collines qui la constituent : aujourd’hui je suis montée jusqu’en haut de l’unes d’elles avec Alice, une jeune copine malgache et quelques enfants du voisinage. La ville monte à l’assaut des contreforts mais s’arrête assez rapidement pour laisser la place à une forêt secondaire d’eucalyptus, de pins, de bambous et d’essences sauvages. Quelques maisons traditionnelles, dans l’une d’elles le beau frère d’Alice, 60 ans, nous accueille une petite heure. Il est maître d’arts martiaux pour la gendarmerie, retraité depuis peu, saxophoniste et clarinettiste.

Trouver une maison définitive sera long et difficile. Il y a la maison « vahaza », en dur, type pavillon de banlieue chez nous, entourée de murs le plus haut possible et gardées. Aucun charme, prix variable en fonction de la taille de la construction et de son emplacement, le pire c’est quand il y en a toute une brochette d’identiques... Et puis la maisons rénovée, assez convoitée (surtout les grandes par les expats) et difficile à dénicher. J’en ai visité une à 400 €, magnifique, mais 7 pièces, c’est vraiment trop… !! J’ai la chance de pouvoir compter sur Alice qui n’est pas avare de crapahutages à pied dans les banlieues avec moi. Sa présence est précieuse pour demander des infos, ou négocier le prix. Pour l’instant je suis exigeante, voyons si ça dure…

Le boulot a démarré sur les chapeaux de roues aussi : en phase de préparation nous rencontrons un maximum d’associations, d’ONG et d’institutions ayant « un pied dans l’eau ». L’état des lieux des projets en cours est très intéressant, parfois un peu déprimant, surtout lorsqu’il s’agit de projets de lutte contre la déforestation. Les chefs de projet malgaches sont très conscients du problème et des mesures à prendre pour protéger la ressource. C’est la généralisation de ces mesures qui est délicate. Nos partenaires ont l’air plutôt bien disposés, voire enthousiastes. Ce qui est délicat, surtout en période pré-électorale, c’est le contexte politique… La semaine prochaine, les chefs arrivent de Lyon. J’espère y voir plus clair dans un mois.

Nous n’avons toujours pas de bureaux, ou plutôt de mobilier pour meubler ceux-ci. Le rythme malgache… Nous n’avons d’ailleurs pas non plus de véhicules. Le rythme lyonnais…

Par Amélie - Publié dans : Blog
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